lundi 31 janvier 2011

Angoulême 2011 : journal de bord


Vendredi vers 17h30, dans le train entre Bordeaux et Angoulême, direction Strasbourg.

Prologue :
Plutôt en forme à l'aller, je suis revenu du festival véritablement fourbu.
Non seulement il fait très
(très) froid à Angoulême, mais en plus j'ai très (très) mal dormi chez un ami, Olivier L., pour ne pas citer son nom.
Après quelques errances dans le froid glacial de la ville, O.L. sort enfin de son travail, et nous nous retrouvons enfin chez lui. Dans son modeste appartement, nous papotons un peu et il me montre quelques plans de sa future démo, le fameux cho ril comme on dit dans le milieu de l'animation. Ensuite, nous regardons un bout d'un vieux
Frankestein avec Boris Karloff (la scène où il jette une petite fille dans une rivière), c'est très drôle, et puis c'est beau, ça me donne envie de le voir en entier.

Brève description de l'appartement d'O.L :

O.L. vit dans un appartement meublé au rez de chaussée et il n'a pas (encore) de quoi recevoir ses ami(e)s, il n'a qu'un ordinateur avec Windows, non, je mens, il a aussi une serviette d'appoint qui mesure 5 cm par 5 cm, mais on peut se sécher avec, c'est dur, mais ça marche.

Aussi, en partant de Bayonne, et ayant été quinze jours auparavant chez O.L., j'ai prévu le coup cette fois-ci, et j'ai apporté dans mon sac dos un lit entier à baldaquin : un matelas gonflable et une couette énorme, qui a rempli l'intégralité de mon sac.

Synthèse de la soirée et de la nuit :
Laborieusement gonflé à mon arrivée chez O.L., mon matelas s'est lamentablement dégonflé au bout d'une demi heure après m'être couché. Malgré le sc
otch d'O.L., le matelas n'a pas tenu le choc ; Bilan météo de la nuit : des courants d'air glacés sur un carrelage glacé, enroulé dans ma couette, ne sachant pas comment me positionner sur le sol.

Samedi

Crouic, Crac, étirements, un peu de gym, trois pompes, un peu d'eau fraîche sur le visage, génuflexion, 20 coups de fouet, un bon café, me voilà reparti pour un tour.
La question est : où aller?

Rien que de voir toutes ces personnes qui semblent déterminées à aller dans une direction exacte, ma tête tourne comme une girouette par vent fort ; je fini donc par suivre mon ami qui semble savoir ce qu'il veut faire, et puis, c'est aussi pour ça que je suis venu, car un festival comme ça, c'est quand même plus sympa à deux.

Pavillon des jeunes talents :

Description du lieu : Un grand espace, avec plein de planches de bd d'auteurs pas très connus.
Il y a des bonnes et des moins bonnes planches, mais on ne s'y attarde pas trop. Au fond de la salle il y a une exposition sur la disparition des dino
saures qui a l'air sympatoche. Elle est là pour la sortie du livre "Les derniers dinosaures", un beau bouquin ; très bien foutue et assez drôle, ça vaut le détour rien que pour les très belles linogravures exposées (celles du livre) et puis y'a un tas d'objets rigolos qui agrémentent le tout (crânes de faux dinosaures, etc...) ; ça y est je me suis fait avoir, je vais acheter le bouquin.

Forum du nouveau monde :

Description : une immense tente avec à l'intérieur, des auteurs et des éditeurs à perte de vue, des connus, des moins connus, des stands à n'en plus finir, à n'en plus finir des stands, ça me donne la nausée.

Je m'arrête un peu chez "les requins marteaux", puis chez PLG , puis chez l'Association.

Surprise, une grande banderole "Salariés en grève" est là, et, quasi aucune bd n'est à vendre, et pis pas d'auteurs non plus, et pis pas de dédicace non plus. Diantre. Fichtre.
Y'aurait-il du rirififi à l'Association?
Pour sûr, et on peut dire qu'il y a même du grabuge à Painful Gulch ; l'explication, elle est écrite sur un prospectus disponible sur le stand :


Après avoir un peu discuté avec un des salariés (plus pour longtemps vraisemblablement, sic!) en grève, une autre personne (salariée aussi) dit d'un air désolé à trois passants (dont moi) arrêtés au stand pour s'informer : "un mythe s'écroule!"

Ca fait bizarre, vraiment, car comme les deux autres passants arrêtés, je pensais que l'Association était un éditeur un peu plus humain que les autres (par rapport à leurs étiquettes anti-consuméristes, leurs choix d'auteurs, etc...) bref, apriori c'était des aprioris! Désillusion!
Pour information, si vous voulez soutenir les salariés en grèves, voici la pétition à signer en ligne, elle est entre autre soutenue par plein d'auteurs de l'Association, dont un des fondateurs même, Lewis Trondheim : c'est ici.

Le monde des bulles, espace éditeurs :

Description : Une autre tente immense, avec à l'in
térieur, des éditeurs et des auteurs à perte de vue, à perte de vue il y a des auteurs dans immense tente à perte de vue. pffff.
Tente. Immense. A perte de vue, il y a. Auteurs. Je vous promets j'arrête de faire ça pour décrire un endroit immense et pénible, j'ai pas trouvé mieux sorry au lait.Ouh le mauvais jeu de mot, auto destruction imminente 5 4 3 2 1 bzzz.crrrrrr.pshhhh. tût.

Bon, continuons, des Bd chouettes, des Bd chouettes, encore des Bd chouettes, bref y'a plein de bd chouettes.
Nous avançons un peu avec Olivier, quand tout à coup, au loin, là-bas, au fond sur la colline, je vois le stand de Fluide Glacial!

Je m'y précipite dans l'espoir de voir si un de mes auteurs préférés est là.

Ouiiii, miracle! Georges Louis Goossens est là en train de dédicacer sa dernière bd de Daniel et Daniel les fameux écrivains ; je suis vraiment ému et je retiens mes larmes de voir en vrai G.L.G.. Par chance, la queue pour avoir une dédicace n'est pas immense, contrairement à celle de Binet qui est interminable. Je me précipite au guichet du stand pour acheter "Sacré comique" son dernier opus,

et j'attends quelques minutes derrière deux personnes avant de voir en chair et en os G.L.G. que j'admire tant. Plutôt musclé et arrogant (je le voyais pas comme ça), G.L.G m'arrache littéralement la bd de mes mains, en me disant : "C'est pour qui la dédicace espèce de fiote?"
Etonné par son comportement je lui dit alors timide
ment mon prénom :"Sébastien, monsieur".
Il rit alors à tue-tête en me disant : "Sébastien! C'est le Patron des pd! A peine le dos tourné il te met une flèche dans le cul, on me la fait pas à moi, couille molle!" Furieux, il déchire alors ma BD fraîchement achetée sous mes yeux, et la foule derrière moi est inquiète...

Par chance, et après s'être calmé, G.L.G me propose de faire un bout de chemin avec lui sur sa puissante Harley Davidson à frange dans Angoulême, et j'ai ainsi la chance de papoter un peu avec lui lors de cette courte ballade (avec des micros dans les casques) ; Peu de temps après j'assisterais à une conférence sur les parodies à laquelle il participe avec deux autres personnes, dont une personne de MAD.

G.L.G parle de choses sur son travail, mais aussi sur le travail de Gary Larson l'auteur de "The Far Side".


Il conclu son intervention par un gag à lui basé sur une traduction littérale de la chanson de Carl Perkins "My Blue Suede Shoes" traduite en français : "Ma chaussure en daim bleu" ; ha, ha, j'en ris encore, pouêt.
Bon... fin de la conférence : je m'enfuis avec Olivier, n'osant pas aller déranger G.L.G qui discute avec des motards à frange qui me font peur.

Dimanche

Aaah, une bonne nuit de sommeil, ça fait du bien ; j'ai dormi sur un vrai lit cette fois, ayant réussi à soudoyer Olivier la veille, qui, dans un élan de générosité a eu pitié de mon pauvre corps meurtri par l'horrible nuit dernière ; on ne s'est pas touché de la nuit, rien du tout, je vous jure.
Après un petit déjeuné moyen chez Quick, c'est reparti pour un tour.
Mon objectif est simple aujourd'hui : acheter tous les beaux livres que j'ai vu la veille dans les stands, puis, repartir voir G.L.G pour aller faire dédicacer sa dernière bd pour un ami, mais aussi, et tant qu'à faire, lui donner une bd que j'ai faite il y a longtemps.

Après une queue plus longue que la veille, j'offre enfin ma bd à G.L.G. qui me propose de me l'acheter puisque j'achète les siennes. Glups, je ne sais pas quoi faire, mais tant pis, j'accepte, et je repars du festival avec 15 euros subtilement volé au grand G.L.G., j'ai honte.

Merci Monsieur G.L.G.

Fin du rapport, Adieu!

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